בֵּית הַמִּדְרָשׁ

Yoma — Talmud Yerushalmi

Yoma — Talmud Yerushalmi sur Beth HaMidrash : le texte hébreu et sa traduction française, avec Rachi et les grands commentateurs. Gratuit, en ligne.

Yoma

Yoma — Talmud Yerushalmi sur Beth HaMidrash : le texte hébreu et sa traduction française, avec Rachi et les grands commentateurs. Gratuit, en ligne.

משנה: שִׁבְעַת יָמִים קוֹדֶם לְיוֹם הַכִּיפּוּרִים מַפְרִישִׁין כֹּהֵן גָּדוֹל מִבֵּיתוֹ לְלִשְׁכַּת פַּרְהֶדְרִין וּמַתְקִינִין לוֹ כֹהֵן אַחֵר תַּחְתָּיו שֶׁמָּא יֶאֱרַע בּוֹ פְסוּל. רִבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר אַף אִשָּׁה אַחֶרֶת מַתְקִינִין לוֹ שֶׁמָּא תָמוּת אִשְׁתּוֹ שֶׁנֶּאֱמַר וְכִפֶּר בַּעֲדוֹ וּבְעַד בֵּיתוֹ. בֵּיתוֹ הִיא אִשְׁתּוֹ. אָמְרוּ לוֹ חֲכָמִים אִם כֵּן אֵין לַדָּבָר סוֹף:Sept jours avant la solennité du grand pardon, le pontife s’isole de sa famille et se tient dans la cellule des assesseurs (paredri). On lui désigne d’avance un suppléant pour le cas où il lui arriverait un accident (obviant à la célébration du culte). Il faut même, dit R. Juda, lui assigner (dubitativement) une autre femme, de crainte que la sienne meure; or, il est dit (Lv 16, 6): afin d’obtenir grâce pour lui-même et pour sa maison, dernière expression applicable à la femme. -Non, disent les autres sages, si l’on voulait éprouver de telles craintes, cela n’aurait pas de fin.

הלכה: שִׁבְעַת יָמִים קוֹדֶם לְיוֹם הַכִּיפּוּרִים כול׳. רִבִּי בָּא בְשֵׁם רִבִּי יוֹחָנָן שָׁמַע לָהּ מִן הָדָא. כַּאֲשֶׁר עָשָׂה בַּיּוֹם הַזֶּה. אֵילּוּ שִׁבְעַת יְמֵי הַמִּילּוּאִים. צִוָּה יְי. לַדּוֹרוֹת. לַעֲשׂוֹת. זֶה שְׂעִיר שֶׁלְיוֹם הַכִּיפּוּרִים. אוֹ אֵינוֹ אֶלָּא שְׂעִיר שֶׁלְרֹאשׁ חוֹדֶשׁ. אַמַר רִבִּי בָּא. לְכַפֵּר עֲלֵיכֶם. כַּפָּרָה שֶׁהִיא כְזוֹ. מַה זוֹ כַפָּרַת אַהֲרֹן עַצְמוֹ כַּפָּרַת בָּנִים עַצְמָן. אַף זוֹ כַפָּרַת אַהֲרֹן עַצְמוֹ כַּפָּרַת בָּנִים עַצְמָן.R. Aba dit au nom de R. Yohanan que cet isolement de 7 jours avant la fête est déduit de ce qu’il est dit (Lv 8, 34): comme on a procédé en ce jour, savoir pour la semaine de l’inauguration du sanctuaire, l’Eternel ordonna aux générations futures, d’agir de même, d’offrir le bouc d’expiation présenté le jour du grand pardon. Peut être cette déduction est-elle applicable au bouc de la néoménie? -Non, puisque le verset précité termine par les mots: pour vous obtenir le pardon, il s’agit d’un pardon analogue; or, comme lors de la consécration mosaïque, le sacrifice offert par Aaron devait tendre à absoudre le fils; de même ici, il s’agira d’un sacrifice offert par le pontife en faveur de tous les fils.

רִבִּי יוֹנָה בְשֵׁם בַּר קַפָּרָא שָׁמַע לָהּ מִן הָדָא. כַּאֲשֶׁר עָשָׂה בַּיּוֹם הַזֶּה. אֵילּוּ שִׁבְעַת יְמֵי הַמִּילּוּאִים. צִוָּה יְי. זוֹ שְׂרֵיפַת הַפָּרָה. נֶאֱמַר כָּאן צִוָּה יְי. וְנֶאֱמַר לְהַלָּן זֹאת חוּקַּת הַתּוֹרָה אֲשֶׁר צִוָּה יְי לֵאמֹר. לַעֲשׂוֹת. זֶה שְׂעִיר שֶׁלְיוֹם הַכִּיפּוּרִים. אוֹ אֵינוֹ אֶלָּא שְׂעִיר שֶׁלְרֹאשׁ חוֹדֶשׁ. כַּהִיא דְאָמַר רִבִּי בָּא. לְכַפֵּר עֲלֵיכֶם. כַּפָּרָה שֶׁהִיא כְזוֹ. מַה זוֹ כַפָּרָה שֶׁאֵינָהּ כְּשֵׁירָה אֶלָּא בְכֹהֵן גָּדוֹל. אַף זוֹ כַפָּרָה שֶׁאֵינָהּ אֶלָּא בְכֹהֵן גָּדוֹל.R. Yona au nom de Bar-Kappara, tire cette déduction nouvelle du dit verset:comme il a été fait en ce jour, savoir pendant la semaine d’inauguration, l’Eternel ordonna; ces mots se rapportant à la combustion de la vache rousse (dont les cendres servaient à purifier), par analogie des expressions, puisqu’au sujet de cette dernière il est dit (Nb 19, 2): voici le précepte de la loi, que l’Eternel a ordonné en ces termes. Enfin l’expression “d’agir de même” signifie d’offrir le bouc d’expiation du grand pardon; et il ne saurait s’agir là du bouc offert lors de la néoménie, comme l’a déjà exposé R. Aba: par l’expression “pour vous obtenir le pardon”, on entend parler d’un pardon analogue, et comme ce sacrifice doit être offert exclusivement par le grand prêtre, de même ici il s’agit d’un sacrifice exclusivement attribué à ce dernier.

מַה בֵין כֹּהֵן הַשּׂוֹרֵף אֶת הַפָּרָה לַכֹּהֵן גָּדוֹל בְּיוֹם הַכִּיפּוּרִים. שֶׁזֶּה אַפְרָשָׁתוֹ בְטַהֲרָה וְאֵין אֶחָיו הַכֹּהֲנִים נוֹגְעִין בּוֹ. וְזֶה אַפְרָשָׁתוֹ בִקְדוּשָּׁה וְאֶחָיו הַכֹּהֲנִים נוֹגְעִין בּוֹ. עַל דַּעְתֵּיהּ דְּרִבִּי יוֹחָנָן דּוּ יְלִיף לָהּ מִן הָדֵין קִרְיָיא [שֶׁמַּעֲלָה הִיא בְפָרָה. סִילְסוּל הִיא בְפָרָה. נִיחָא. עַל דַּעְתֵּיהּ דְּבַר קַפָּרָא דְלָא יְלִיף לָהּ מִן קִרְיָיא] לָמָּה כָאן נוֹגְעִין וְכָאן אֵין נוֹגְעִין. אָמַר רִבִּי חִיָיה בַּר אָדָא. שֶׁלֹּא יְטַמְּאוּ אוֹתוֹ אֶחָיו הַכֹּהֲנִים. [וְלֹא כָךְ אֵינוֹ טָמֵא מַחְמַת הַזִּיָיתוֹ.] אָמַר רִבִּי בּוּן. אַף בַּר קַפָּרָא אִית לֵיהּ מִשּׁוּם מַעֲלָה הִיא בְפָרָה. סִילְסוּל הִיא בְפָרָה.Quelle différence y a-t-il entre le pontife qui brûle la vache rousse et celui qui offre le sacrifice au jour du grand pardon? -Le premier s’isole en vue d’une pureté parfaite, au point que même ses frères les cohanim ne doivent pas le toucher, tandis que le second s’isole en vue d’une plus grande sainteté (avant de pénétrer au saint des saints), et il peut rester là en contact avec ses frères. Cette distinction se comprend selon R. Yohanan, qui ne déduit pas de ce verset l’obligation d’isoler le cohen brûlant la vache rousse: pour celle-ci, il y a un surcroît de précaution, de ne pas pouvoir toucher ses frères; mais, selon Bar-Kappara, qui déduit du même verset l’obligation de s’isoler aux deux cas, pourquoi le contact des frères est-il défendu une fois et permis l’autre? C’est, dit R. Hiya b. Ada, pour éviter qu’il devienne impur même par le contact (les habitats de ses frères suffisant à motiver l’impureté). Mais ne se trouve-t-il pas déjà impur par l’aspersion qu’il reçoit à chacun des 7 jours précédant la combustion? (Pourquoi interdire le contact de ses frères)? Il faut donc admettre, dit R. Aboun, que, selon Bar-Kappara aussi, il y a un surcroît de précaution pour la combustion de la vache rousse.

רִבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן לָקִישׁ בְּעָא קוֹמֵי רִבִּי יוֹחָנָן. אִי מַה אֵיל הַמִּילּוּאִים מְעַכֵּב אַף שְׂעִיר שֶׁלְיוֹם הַכִּיפּוּרִים מְעַכֵּב. וְהוּא מְקַבֵּל מִינֵּיהּ. [מִן מַה דָּמַר רִבִּי מָנָא. וּתְמִיהַּ אֲנִי הֵיךְ רִבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן לָקִישׁ מְתִיב קוֹמֵי רִבִּי יוֹחָנָן וְהוּא מְקַבֵּל מִינֵּיהּ]. וִיתִיבִינֵיהּ. לֹא מָצָאנוּ דָּבָר מְעַכֵּב לָמֵד מִדָּבָר שֶׁאֵינוֹ מְעַכֵּב. וְדָבָר שֶׁאֵינוֹ מְעַכֵּב לָמֵד מִדָּבָר שֶׁהוא מְעַכֵּב. מָלָק וְהִקְטִיר. מַה מְלִיקָה בְרֹאשׁ הַמִּזְבֵּחַ אַף (מְלִיקָה) [הַקְטָרָה] בְרֹאשׁ הַמִּזְבֵּחַ. מְלִיקָה מְעַכֶּבֶת. אֵין הַקְטָרָה מְעַכֶּבֶת. תָּמִיד [תָּמִיד]. נֶאֱמַר תָּמִיד בַּחֲבִיתִּין וְנֶאֱמַר תָּמִיד בְּלֶחֶם הַפָּנִים. מַה [תָּמִיד הָאָמוּר בַּחֲבִיתִּין שְׁנֵים עֶשְׂרֶה אַף תָּמִיד הָאָמוּר בְּלֶחֶם הַפָּנִים שְׁנֵים עָשָׂר.] לֶחֶם הַפָּנִים מְעַכֵּב. (אַף) [אֵין] חֲבִיתִּין מְעַכֶּבֶת. לְקִיחָה לְקִיחָה. נֶאֱמַר לְקִיחָה בְמִצְרַיִם וְנֶאֱמַר לְקִיחָה בְלוּלָב. [מַה לְקִיחָה הָאָמוּר בְּמִצְרַיִם אֲגוּדָה. אַף לְקִיחָה הָאָמוּר בְּלוּלָב אֲגוּדָה.] לוּלָב מְעַכֵּב. מִצְרַיִם אֵינָהּ מְעַכֶּבֶת. הֲרֵי מָצָאנוּ דָּבָר מְעַכֵּב לָמֵד מִדָּבָר שֶׁאֵינוֹ מְעַכֵּב. וְדָבָר שֶׁאֵינוֹ מְעַכֵּב לָמֵד מִדָּבָר מְעַכֵּב.R. Simon b. Lakish posa devant R. Yohanan l’objection suivante: de même que pour l’inauguration, l’absence du bélier eût mise obstacle à l’achèvement de la cérémonie (par d’autres offrandes), de même l’absence du bouc au jour du grand pardon, devra s’opposer à l’offre du taureau (pourquoi donc l’isolement obligatoire n’est-il pas prescrit aussi pour le cohen suppléant)? R. Yohanan paraît avoir accueilli l’observation (et, s’y rendant, renonce à rien déduire du verset de l’inauguration). Une réplique pouvait être faite à cette objection, comme l’a dit R. Mena, qui s’étonne qu’elle a été aussi placidement reçue: ne pouvait-il pas répliquer que l’on trouve parfois un cas d’obstacle à l’achèvement, déduit de ce qui n’est pas une cause d’obstacle, et vice versa? Ainsi, par exemple, il est dit (Lv 1, 15): il lui rompra la tête qu’il fera fumer sur l’autel;or, l’action de la rupture a lieu au sommet de l’autel, comme celle de la combustion, bien que la première opération soit essentielle pour valider l’offrande, sans peine de nullité, et que la seconde ne le soit pas. De même (à l’inverse), une déduction par analogie est tirée de la répétition du terme “toujours”, usité à l’égard de l’offrande de farine (Lv 6, 13), et des pains de proposition (Lv 24, 8), savoir que, dans l’un et l’autre cas, il s’agit de douze pièces; or, pour ces derniers, le nombre de douze est indispensable, sous peine d’interdit de les brûler, tandis qu’il n’est pas indispensable pour les morceaux de l’offrande de farine. On tire une déduction semblable de ce que le terme “prendre” est aussi bien employé pour l’agneau pascal (Ex 12, 22) à l’égard du faisceau symbolique du Lulav (Lv 22, 40), savoir que dans l’un et l’autre cas, la prise entraîne l’obligation de lier les objets pris; or, pour ce dernier, le lien est indispensable, sous peine de n’avoir pas accompli le devoir, tandis qu’il ne l’est pas pour le lulav. Il en résulte en somme que l’on trouve parfois un cas d’obstacle à l’achèvement, déduit de ce qui n’est pas une cause d’obstacle, et vice versa.

Jerusalem Talmud Yoma.1.1 · Le Talmud de Jérusalem, traduit par Moise Schwab, 1878-1890 [fr]

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