בֵּית הַמִּדְרָשׁ

Sota — Talmud Yerushalmi

Sota — Talmud Yerushalmi sur Beth HaMidrash : le texte hébreu et sa traduction française, avec Rachi et les grands commentateurs. Gratuit, en ligne.

Sota

Sota — Talmud Yerushalmi sur Beth HaMidrash : le texte hébreu et sa traduction française, avec Rachi et les grands commentateurs. Gratuit, en ligne.

משנה: הַמְקַנֵּא לְאִשְׁתּוֹ רִבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר מְקַנֵּא עַל פִּי שְׁנַיִם וּמַשְׁקֶה עַל פִּי עֵד אֶחָד אוֹ עַל פִּי עַצְמוֹ. רִבִּי יְהוֹשֻׁעַ אוֹמֵר מְקַנֵּא עַל פִּי שְׁנַיִם וּמַשְׁקֶה עַל פִּי שְׁנַיִם.Si un mari a exprimé ses sentiments de jalousie à l’égard de sa femme, R. Eléazar lui prescrit de l’exprimer par devant deux témoins (pour pouvoir ensuite faire boire à la femme l’eau d’épreuve); il peut lui faire boire l’eau d’épreuve sur l’attestation d’un seul témoin (qu’en dépit de sa défense à la femme de se trouver enfermée seule avec tel ou tel étranger, elle s’y est trouvée), ou sur sa propre assertion qu’elle n’a pas tenu compte de sa défense. R. Josué dit: il faut que sa jalousie ait été exprimée par devant deux témoins (afin de pouvoir donner une suite légale à son interdiction), et il ne peut soumettre la femme à l’eau d’épreuve que sur l’assertion de deux témoins (déclarant qu’elle a désobéi au mari).

הלכה: הַמְקַנֵּא לְאִשְׁתּוֹ כול׳. כְּתִיב וְעָבַר עָלָיו רוּחַ קִנְאָה וְקִנֵּא אֶת אִשְׁתּוֹ וגו׳. שֶׁלֹּא יְקַנֵּא לָהּ לֹא מִתּוֹךְ שְׂחוֹק וְלֹא מִתּוֹךְ שִׂיחָה וְלֹא מִתּוֹךְ קַלּוּת רֹאשׁ וְלֹא מִתּוֹךְ מִתּוּן. אֶלָּא מִתּוֹךְ דָּבָר שֶׁל אֵימָה. עָבַר וְקִינֵּא לָהּ בְּאֶחָד מִכָּל הַדְּבָרִים הַלָּלוּ. מַה אִיתְאֲמָרַת. לְמִצְוָה. לְעִיכּוּב. אִין תֵּימַר לְמִצְוָה. קִינּוּיוֹ קִינּוּי. אִין תֵּימַר לְעִיכּוּב. אֵין קִינּוּייוֹ קִינּוּי. אַתְיָיא כְהָדָא. כָּל מָקוֹם שֶׁנֶּאֱמַר חוּקָּה תּוֹרָה מְעַכֵּב.Comme il est écrit (Nb 5, 14): une pensée de jalousie a passé sur lui, et il soupçonne sa femme, de tels sentiments de jalousie ne devront être exprimés, ni par plaisanterie, ni par simple bavardage, ni à la légère, ni à la suite d’une discussion, mais comme l’expression d’une crainte religieuse (comme un conseil de rentrer dans la bonne voie). Si, sans tenir compte de ces défenses, le mari a exprimé sa jalousie à la suite de l’un des cas précités, quelle sera la règle? Est-ce seulement en principe qu’une telle expression ne doit pas avoir lieu? Ou est-ce jusqu’à annuler l’effet d’une telle expression de jalousie que l’interdit a été prononcé? Et il en résulterait comme conséquence que, dans la première hypothèse, l’effet de la jalousie aura une suite juridique, et dans la seconde hypothèse, l’effet serait annulé? En ce point, fut-il répondu, on se conforme à la règle générale, disant qu’en tout lieu où la Bible emploie le terme précepte, ou loi (comme en ce cas), la déduction est formelle; et s’il n’en est pas tenu compte, l’effet est annulé.

הַקִּינּוּי. רִבִּי יהוֹשֻׁעַ אָמַר בְּשֵׁם רִבִּי לִיעֶזֶר. חוֹבָה. רִבִּי יוֹשׁוּעַ אָמַר רְשׁוּת. אָמַר רִבִּי לָעְזָר בֶּן רִבִּי יוֹסֵי קוֹמֵי רִבִּי יָסָא. אַתְיָיא דְרִבִּי לִיעֶזֶר כְּבֵית שַׁמַּי וּדְרִבִּי יְהוֹשֻׁעַ כְּבֵית הִלֵּל. דְּרִבִּי לִיעֶזֶר כְּבֵית שַׁמַּי. דְּבֵית שַׁמַּי אוֹמְרִים. לֹא יְגָרֵשׁ אָדָם אֶת אִשְׁתּוֹ אֶלָּא אִם כֵּן מָצָא בָהּ עֶרְוָה. מָצָא בָהּ דְּבָרִים כְּאוּרִין. לְגָרְשָׁהּ אֵינוֹ יָכוֹל שֶׁלֹּא מָצָא בָהּ עֶרְוָה. לְקַיְימָהּ אֵינוֹ יָכוֹל שֶׁמָּצָא בָהּ דְּבָרִים כְּאוּרִין. לְפוּם כֵּן הוּא אוֹמֵר. חוֹבָה. וְהָא תַנֵּי מִשּׁוּם בֵּית שַׁמַּי. אֵין לִי אֶלָּא הַיּוֹצֵאת מִשֵּׁם עֶרְוָה. מְנַיִין הַיּוֹצְאָה וְרֹאשָׁהּ פָּרוּעַ וּצְדָדֶיהָ מְפְוּרָמִין וּזְרוֹעוֹתֶיהָ חֲלוּצוֹת. תַּלמוּד לוֹמַר כִּי מָצָא בָהּ עֶרְוַת דָּבָר. אָמַר רִבִּי מָנָא קִיַימְתִּיהָ בְּעֵדִים. וְכָאן שֶׁלֹּא בְעֵדִים.R. Josué dit au nom de R. Eleazar: le mari est tenu d’accuser sa femme en cas de soupçon; mais, en son propre nom, R. Josué ajoute que l’accusation est facultative. R. Eleazar b. R. Yossé dit devant R. Yossa: l’avis de R. Eleazar est conforme à l’école de Shammaï, et celui de R. Josué est conforme à celui de l’école de Hillel. Le premier avis est conforme à celui des Shamaïtes, comme il est dit: “D’après l’école de Shammaï, on ne doit pas répudier sa femme, à moins d’avoir à lui reprocher une faute de relation illicite.” Si la femme a été trouvée dans une tenue blâmable (sujette au doute), le mari ne devra pas la répudier, puisqu’il n’y a pas là un cas formel de relation illicite; il ne pourra pas non plus la garder en cet état de suspicion; c’est pourquoi il se trouve dans l’obligation de la mettre en accusation devant le tribunal (chargé d’éclaircir le cas). Cependant, n’a-t-on pas enseigné au nom des Shammaïtes (dans une barayeta) qu’on connaît seulement jusqu’ici le devoir de la répudiation en cas de relation illicite; mais il s’étend aussi à la femme qui sort les cheveux défaits, ou ayant les côtés de sa robe déchirés jusqu’à la nudité, ou ayant les bras nus, en raison de ce qu’il est écrit (Dt 24, 1): S’il remarque en elle quelque chose de malséant? (N’en résulte-il pas qu’une tenue blâmable suffit à motiver la répudiation?) -C’est vrai, répondit R. Mena, lorsque des témoins l’affirment; tandis qu’ici il est question du cas où une telle tenue, vue par le mari, n’a pas été confirmée par des témoins.

וּדְרִבִּי יְהוֹשֻׁעַ כְּבֵית הִלֵּל. דְּבֵית הִלֵּל אוֹמְרִים. אֲפִילּוּ הִקְדִּיחָה תַבְשִׁילוֹ. לְפוּם כֵּן הוּא אוֹמֵר. רְשׁוּת. רָצָה לְקַנְאוֹת יְקַנֶּא. רָצָה לְגָרֵשׁ יְגָרֵשׁ.L’avis de R. Josué est semblable à celui de l’école de Hillel, car “selon l’école de Hillel, la répudiation peut avoir lieu pour une cause minime, la femme eût-elle seulement laissé brûler un mets.” Voilà pourquoi le mari a la latitude d’accuser la femme s’il le veut, ou de la répudier s’il le préfère.

וּמַה טַעְמָא דְרִבִּי לִיעֶזֶר. כִּי מָצָא בָהּ עֶרְוַת דָּבָר. עֶרְוָה זוֹ סְתִירָה. דָּבָר זֶה קִינּוּי. דָּבָר דָּבָר. מַה דָבָר הָאָמוּר לְהַלָּן עַל פִּי שְׁנַיִם עֵדִים. אַף דָּבָר הָאָמוּר כָּאן עַל פִּי שְׁנַיִם עֵדִים. וּמַשְׁקֶה עַל פִּי עֵד אֶחָד אוֹ עַל פִּי עַצְמוֹ. וּמָעֲלָה בוֹ. בִּתְנָאִים שֶׁהִיתְנָה עִמָּהּ עַל פִּי אֲחֵרִים.R. Eléazar (dans la Mishna) prescrit que l’expression de la jalousie devra être faite devant deux témoins (pour qu’elle soit effective), par déduction du verset (ibid.): s’il remarque en elle un sujet blâmable (littéralement: nudité de parole); là, le terme nudité vise l’action de se cacher (ou l’acheminement vers le mal), et le terme parole a en vue l’expression de la jalousie (qui en est la conséquence). Or, de l’analogie entre le mot parole usité ici et le même mot employé ailleurs (ibid. 19, 4), on conclut à l’assimilation au point de vue juridique; et, comme pour le second, la confirmation est exigible par deux témoins, elle l’est aussi pour la parole en question ici, ou l’expression de la jalousie maritale. – “Le mari peut lui faire boire l’eau d’épreuve, est-il dit, sur l’attestation d’un seul témoin, ou sur sa propre assertion qu’elle n’a pas tenu compte de sa défense.” Même dans ce dernier cas, en vertu de l’expression elle est devenue infidèle (Nb 5, 12), le mari peut faire boire à la femme, selon les conditions faites avec elle (selon les menaces qu’il lui avait adressées) par devant témoins.

Jerusalem Talmud Sotah.1.1 · Le Talmud de Jérusalem, traduit par Moise Schwab, 1878-1890 [fr]

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