בֵּית הַמִּדְרָשׁ

Peah — Talmud Yerushalmi

Peah — Talmud Yerushalmi sur Beth HaMidrash : le texte hébreu et sa traduction française, avec Rachi et les grands commentateurs. Gratuit, en ligne.

Peah

Peah — Talmud Yerushalmi sur Beth HaMidrash : le texte hébreu et sa traduction française, avec Rachi et les grands commentateurs. Gratuit, en ligne.

משנה: אֵילּוּ דְּבָרִים שֶׁאֵין לָהֶן שֵׁיעוּר הַפֵּיאָה וְהַבִּכּוּרִים וְהָרֵאָיוֹן וּגְמִילוּת חֲסָדִים וְתַלְמוּד תּוֹרָה. אֵילּוּ דְּבָרִים שֶׁאָדָם אוֹכֵל פֵּירוֹתֵיהֶן בָּעוֹלָם הַזֶּה וְהַקֶּרֶן קַיֶּמֶת לוֹ לָעוֹלָם הַבָּא כִּיבּוּד אָב וָאֵם וּגְמִילוּת חֲסָדִים וַהֲבָאַת שָׁלוֹם בֵּין אָדָם לַחֲבֵירוֹ וְתַלְמוּד תּוֹרָה כְּנֶגֶד כּוּלָּן.Les devoirs dont l’accomplissement n’a pas de limites déterminées (par la Loi) sont: l’abandon de l’angle du champ aux pauvres lors de la moisson; l’offrande des prémices; le sacrifice offert au Temple (de Jérusalem) lors des trois visites prescrites; la bienfaisance, et l’étude de la Loi. Les devoirs qui donnent à l’homme une jouissance dans ce monde et dont la récompense principale est réservée pour la vie future, sont: la piété filiale, la bienfaisance, la fréquentation assidue des écoles religieuses, l’hospitalité, la sollicitude pour les malades, la dotation des fiancés, les derniers honneurs dus aux morts, le recueillement dans la prière, le rétablissement de la paix entre l’homme et son prochain. Mais le devoir le plus important est l’étude de la Loi, et il équivaut à tous les autres.

הלכה: רִבִּי בִּנְיָמִין בַּר לֵוִי אָמַר רִבִּי יִצְחָק וְרִבִּי אִימִּי הֲווֹן יְתִיבִין מַקְשׁוֹי אֲמַר לָמָּה לֹא תַנֵּינָן תְּרוּמָה עִמְּהוֹן. אָמַר רִבִּי אִימִּי מִפְּנֵי הַמַּחְלוֹקֶת. אָמַר רִבִּי יוֹסֵי אָדָם עוֹשֶׂה כָּל שָׂדֵהוּ בִּיכּוּרִים וְאֵין אָדָם עוֹשֶׂה כָּל שָׂדֵהוּ תְרוּמָה. הֲתִיבוּן הֲרֵי הוּא אוֹמֵר פֵּיאָה הֲרֵי אֵין אָדָם עוֹשֶׂה כָל שָׂדֵהוּ פֵּיאָה וְתַנִּיתָהּ. אָמַר רִבִּי יוֹסֵי קְצִירַת שִׁיבּוֹלֶת הָרִאשׁוֹנָה דּוֹמָה לְמֵירוֹחוֹ עַד שֶׁלֹּא קָצַר שִׁיבּוֹלֶת הָרִאשׁוֹנָה לֹא נִתְחַיְיבָה שָׂדֵהוּ פֵּיאָה. מִשֶּׁקָּצַר שִׁיבּוֹלֶת הָרִאשׁוֹנָה נִתְחַיְיבָה כָּל שָׂדֵהוּ פֵּיאָה. בִּיקֵּשׁ לַעֲשׂוֹת כָּל שָׂדֵהוּ פֵּיאָה עוֹשֶׂה. בְּרַם הָכָא עַד שֶׁלֹּא נִתְמָרֵחַ הַכְּרִי לֹא נִתְחַיֵיב כִּרְיּוֹ תְרוּמָה. בִּיקֵּשׁ לַעֲשׂוֹת כָּל כִּרְיּוֹ תְרוּמָה אֵינוֹ עוֹשֶׂה דְּתַנֵּינָן תַּמָּן הָאוֹמֵר כָּל גּוֹרְנִי תְרוּמָה וְכָל עִיסָּתִי חַלָּה לֹא אָמַר כְּלוּם עַד שֶׁיְּשַׁיֵיר מִקְצָת.Les devoirs dont l’accomplissement n’a pas de limites déterminées sont: etc.” R. Benjamin b. Levi dit: comme R. Isaac et R. Imi se trouvaient ensemble à étudier, l’un (Isaac) demanda: pourquoi, dans cette énumération, n’a-t-on pas parlé de la terouma ou oblation sacerdotale? C’est, lui répondit R. Imi, à cause des distinctions entre les diverses mesures d’oblation (le 50ème dû selon la moyenne, ou le 40ème donné par une personne généreuse, ou le 60ème par celui qui a mauvais cœur). De même, R. Yossé fait remarquer qu’il est dit: on peut consacrer tout son champ à titre de prémices (sans limites), mais non comme oblation sacerdotale. N’y-a-t-il pas lieu cependant d’objecter que, pour la pea, on ne doit pas non plus lui consacrer un champ entier, au lieu d’un angle seul? Si donc elle est limitée, pourquoi la mentionner plutôt que la terouma? R. Yossé répond: la coupe du premier épi équivaut pour la pea à l’entassement de tout le grain (pour les prélèvements ultérieurs à opérer): aussi longtemps que le propriétaire d’un champ n’a pas coupé un seul épi, il n’est pas tenu à l’obligation de la pea; l’obligation commence avec la première coupe, et, dès lors, s’il veut livrer tout son champ à titre de pea, il peut le faire. Au contraire, pour la terouma, aussi longtemps que le monceau de blé n’est pas entassé (ni débarrassé des issues), il n’existe pas encore d’obligation de la terouma, et plus tard, lorsque l’obligation commence, elle est limitée et on ne peut pas consacrer au sacerdote tout le monceau; car, ainsi qu’on la enseigné ailleurs: ce serait une parole nulle de déclarer que toute une grange soit considérée comme terouma, ou une pâte entier comme Halla, sans rien en consommer (ce ne serait pas un prélèvement, mais un abandon total).

שִׁיבּוֹלֶת הָרִאשׁוֹנָה מַהוּ שֶׁתְּהֵא חַיֶיבֶת בְּפֵיאָה. אֵיפְשַׁר לוֹמַר הִיא חִיְיבָה כָּל שָׂדֵהוּ פֵּיאָה וְהִיא חַיֶיבֶת בְּפֵיאָה. קָצַר שִׁיבּוֹלֶת הָרִאשׁוֹנָה וְנִשְׂרְפָה מַהוּ שֶׁיְהֵא צָרִיךְ לִקְצוֹר פַּעַם שְׁנִיָיה. נִשְׁמְעִינָהּ מִן הָדָא. קָצַר חֶצְיָיהּ וּמָכַר חֶצְיָיהּ וּמָכַר מַה שֶׁקָּצַר קָצַר חֶצְיָהּ וְהִקְדִּישׁ מַה שֶׁקָּצַר נוֹתֵן מִן הַמְשׁוּאָר עַל הַכֹּל. וְהֶקְדֵּשׁ לָאו כְּשָׂרוּף הוּא. הָדָא אָמְרָה קָצַר שִׁיבּוֹלֶת הָרִאשׁוֹנָה וְנִשְׂרְפָה אֵינוֹ צָרִיךְ לִקְצוֹר פַעַם שְׁנִיָיה.D’après ce qui vient d’être dit du premier épi, est-il passible aussi de l’obligation de la pea? Non, car il ne se peut pas que l’on dise qu’il entraîne l’obligation pour tout le champ, et qu’il est en même temps passible lui-même. Si le premier épi coupé a été brûlé de suite (avant la récolte du reste), faut-il en ce cas (pour que la pea soit due) faire une nouvelle coupe? On peut résoudre la question d’après ce qui suit: Si l’on a coupé une moitié du champ, est-il dit plus loin (2,8), et l’on a vendu cette moitié, ou, si après avoir coupé la moitié à l’a déclarée sacrée, on donne la part de pea pour tout (vendu ou consacré) sur ce qui reste adhérent à la terre. Or, ce qui a été consacré est certes considéré comme brûlé (pour la pea); donc, lorsque le premier épi coupé est brûlé, il est inutile de faire une nouvelle coupe (pour qu’il y ait lieu de donner la pea).

כִּילָּה אֶת שָׂדֵהוּ אַתְּ אָמַר חָזְרָה פֵיאָה לָעֳמָרִין. מַהוּ שֶׁתַּחְזוֹר פֵּיאָה לִקְצִירַת שִׁיבּוֹלֶת הָרִאשׁוֹנָה. אָמַר רִבִּי יוֹסֵי נֵילַף פֵּיאַת עוֹמָרִין מִפֵּיאַת קָמָה. מַה פֵּאַת קָמָה לֹא חָזְרָה קָמָה לִקְצִירַת שִׁיבּוֹלֶת הָרִאשׁוֹנָה. אַף פֵּיאַת עוֹמָרִין לֹא תַחְזוֹר פֵּיאָה לִקְצִירַת שִׁבּוֹלֶת הָרִאשׁוֹנָה.Si l’on a entièrement rasé le champ (sans rien laisser aux pauvres), on sait que l’obligation de la pea doit retomber sur les gerbes. Et par suite faut-il l’imposer même au premier épi coupé (ou bien, selon la règle précédente, n’en est-il pas passible, parce que c’est sa coupe qui entraîne l’obligation)? C’est que, répond R. Yossé, on compare la pea due sur les gerbes à celle qui est due pour le blé encore debout: de même que, pour cette dernière, l’obligation n’a pas d’effet rétroactif (elle n’est pas due pour le premier épi).

הַפֵּיאָה יֵשׁ לָהּ שֵׁיעוּר מִלְּמַטָּן וְאֵין לָהּ שֵׁיעוּר מִלְּמַעֲלָן. הַבִּיכּוּרִים וְרֵאָיוֹן אֵין לָהֶם שֵׁיעוֹר לֹא מִלְּמַעֲלָן וְלֹא מִלְּמַטָּן. אִית תַּנִּי תַּנָּא הַפֵּיאָה וְהַבִּיכּוּרִים וְרֵאָיוֹן אֵין לָהֶם שֵׁיעוֹר לֹא לְמַעֲלָן וְלֹא לְמַטָּן. מַה נְפִיק מִן בֵּינֵיהוֹן וְהֵן חַד מִן שִׁשִּׁים. מַן דָּמַר דְּפֵּיאָה יֵשׁ לָהּ שֵׁיעוּר מִלְּמַטָּן וְאֵין לָהּ שֵׁיעוּר מִלְּמַעֲלָן מַה שֶׁנָּתַן נָתַן חָזַר וְהוֹסִיף חַיָיב בְּמַעֲשֵׂר עַד שָׁעָה שֶׁיַּשְׁלִים. מַאן דָּמַר הַפֵּיאָה וְהַבִּיכּוּרִים וְהָרֵיאָיוֹן אֵין לָהֶן שֵׁיעוֹר לֹא מִלְּמַעֲלָן וְלֹא מִלְּמַטָּן מַה שֶׁנָּתַן כְּבָר נִפְטָּר. חָזַר וְהוֹסִיף חַיָיב בְּמַעְשְׂרוֹת.La pea a une mesure a minima (au moins le 60ème), mais non un maximum (l’on peut donner bien plus, même le tout); pour l’offrande des prémices et le sacrifice au Temple lors des 3 visites prescrites, il n’y pas de mesure, ni minimum, ni maximum. Selon un autre enseignement, il n’y a de limite pour aucun des 3 objets. Quelle est la différence pratique entre ces deux opinions, puisqu’en tous cas le 60ème est le minimum à donner pour la pea comme mesure rigoureuse? La voici: d’après celui qui dit que, pour celle-ci, il y a une limite minimum, la moindre parcelle même du prélèvement incomplet est valable, et lorsqu’on y ajoute une petite part (moins du 60ème), il faut jusqu’à parfait achèvement donner la dîme sur ce prélèvement. D’après l’avis contraire, la pea est une fois donnée (même moindre), on est dispensé du reste, et ce que l’on y ajoute est soumis aux dîmes (n’étant plus de la pea).

Jerusalem Talmud Peah.1.1 · Le Talmud de Jérusalem, traduit par Moise Schwab, 1878-1890 [fr]

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