בֵּית הַמִּדְרָשׁ

Nazir — Talmud Yerushalmi

Nazir — Talmud Yerushalmi sur Beth HaMidrash : le texte hébreu et sa traduction française, avec Rachi et les grands commentateurs. Gratuit, en ligne.

Nazir

Nazir — Talmud Yerushalmi sur Beth HaMidrash : le texte hébreu et sa traduction française, avec Rachi et les grands commentateurs. Gratuit, en ligne.

משנה: כָּל כִּינּוּיֵי נְזִירוּת כַּנְּזִירוּת. הָאוֹמֵר אֱהֵא הֲרֵי זֶה נָזִיר אוֹ אֱהֵא נָוֶה נָזִיר. נָזִיק נָזִיחַ פָּזִיחַ הֲרֵי זֶה נָזִיר. הֲרֵינִי כָּזֶה הֲרֵינִי מְסַלְסֵל הֲרֵינִי מְכַלְכֵּל הֲרֵי עָלַי לְשַׁלַּח פֶּרַע הֲרֵי זֶה נָזִיר. הֲרֵי עָלַי צִיפֳּרִים רִבִּי מֵאִיר אוֹמֵר נָזִיר וַחֲכָמִים אוֹמְרִים אֵינוֹ נָזִיר.Toutes les dénominations du Naziréat ont la même valeur (juridiquement) que l’expression même de Naziréat (pour l’abstinence obligatoire). Ainsi, (lorsqu’à la vue d’un passant Nazir), on s’écrie “je veux être”, on sera désormais Nazir. Il en est de même de celui qui dit: “je veux être beau”, ou s’il emploie les mots Naziq, Nazih, ou Pazih. Celui qui dit: “je veux être comme un tel” (par allusion à un Nazir), ou “je veux les boucler” (mes cheveux), ou “je veux les entretenir”, ou: “je m’engage à laisser croître mes boucles” (ce qui est une allusion formelle au maintien des cheveux), sera Nazir. Celui qui dit: “je m’engage à offrir des oiseaux”, selon R. Meir, sera aussi Nazir; selon les autres sages, il ne le sera pas.

הלכה: כָּל כִּינּוּיֵי נְזִירוּת כַּנְּזִירוּת כול׳. כְּתִיב אִישׁ כִּי יִדֹּר נֶדֶר. מַה תַּלְמוּד לוֹמַר נֶדֶר. אֶלָּא מִיכָּן שֶׁכִּינּוּיֵי נְדָרִים כַּנְּדָרִים. אוֹ הִשָּׁבַע. מַה תַּלְמוּד לוֹמַר שְׁבוּעָה. אֶלָּא מִיכָּן שֶׁבִּיטּוּי שְׁבוּעָה כַּשְּׁבוּעָה. גָּרַשׂ רֹאשָׁה דִּנְדָּרִים קַדְמִיתָא עַד דְּמָטֵי אַשְׁכַּח תַּנֵּי רִבִּי יִשְׁמָעֵאל. נֶדֶר נָזִיר לְהַזִּיר. מִיכָּן שֶׁאָדָם קוֹבֵעַ עָלָיו נְזִירוּת בְּתוֹךְ יְמֵי נְזִירוּתוֹ.Comme il est écrit (Nb 30, 3): Si un homme s’engage par vœu, on déduit du terme final explétif que les diverses appellations des vœux équivalent aux vœux mêmes. Puis (ibid.): ou s’il a juré; là aussi le mot superflu par serment indique l’extension des appellations diverses d’interdit par serment à l’instar des serments eux-mêmes. – GARASS Rosha DI-NIDARIM etc. (le commencement du premier traité Nedarim se trouve reproduit ici textuellement jusqu’aux mots suivants. On a trouvé un enseignement où R. Ismaël interprète ce verset (Nb 6, 2) le vœu d’être naziréen, de s’abstenir, pour indiquer qu’un homme peut assumer un second naziréat pendant qu’il accomplit le premier.

תַּנֵּי. כָּל כִּינּוּיֵי נְזִירוּת כַּנְּזִירוּת וְלוֹקִין עֲלֵיהֶן. אַף עַל גַּב דְּרִבִּי יוֹחָנָן אָמַר. אֵין לוֹקִין עַל הָאִיסָּרוֹת. מוֹדֶה הוּא הָכָא שֶׁהוּא לוֹקֶה. אַף עַל גַּב דְּרִבִּי שִׁמְעוֹן אָמַר. אֵינוֹ מֵבִיא קָרְבָּן. מוֹדֶה הוּא הָכָא שֶׁהוּא לוֹקֶה. אַף עַל גַּב דְּרִבִּי יוּדָה אָמַר. סְפֵק נְזִירוּת מוּתָּר. מוֹדֶה הוּא הָכָא שֶׁהוּא לוֹקֶה. מָה נָן קַיָימִין. אִם בְּמִתְכַּוֵּין לִיזוֹר. אֲפִילוּ אָמַר. שֶׁאַזְכִּיר פַּת אֱהֵא נָזִיר. נָזִיר. אִם בְּשֶׁאֵינוֹ מִתְכַּוֵּין לִיזוֹר. אַף עַל גַּב שֶׁהוֹצִיא נְזִירוּת מִפִּיו לֹא יְהֵא נָזִיר. כָּךְ אִם הָיָה קוֹרֵא בַתּוֹרָה וְהִזְכִּיר נָזִיר נָזִיק. אֶלָּא כִּי נָן קַיָימִין. בְּאוֹמֵר. אֶחָד מִכָּל הַלְּשׁוֹנוֹת הַלָּלוּ נָזַרְתִּי. אִם תּוֹפֵשׂ אֶחָד מֵהֶן נְזִירוּת תָּחוּל עָלָיו נְזִירוּת. וְאִם לָאו לֹא תָּחוּל עָלָיו נְזִירוּת. אָמַר לוֹ. שְׁמוֹר וְשָׁמַעְתָּ.On a enseigné aussi: toutes les appellations diverses du Naziréat équivalent au Naziréat même, et en cas de transgression d’un tel engagement, on est passible de la pénalité des coups de lanière. Malgré l’avis de R. Yohanan disant que l’on n’est pas sujet à cette pénalité en cas d’infraction d’un interdit de jouissance, il reconnaît qu’ici la pénalité serait applicable. Bien que R. Simon dise d’autre part que l’on est dispensé d’offrir un sacrifice (à l’opposition de son interlocuteur, qui interdit “de déclarer bien savoir que le vœu de naziréat existe, mais ignorer qu’il est défendu au Nazir de boire du vin”), il reconnaît toutefois ici que l’appellation de naziréat entraîne du moins la pénalité des coups de lanière. Enfin, quoique R. Juda, dise (en cas de rencontre de plusieurs individus, qui se supposent réciproquement engagés par Naziréat) que le doute au sujet du naziréat laisse l’individu libre, il reconnaît ici (pour les diverses appellations) qu’il y a lieu du moins d’appliquer la pénalité des coups en cas d’infraction du vœu ainsi conclu. A quel cas est applicable la diversité de “dénominations” en question dans la Mishna? Si l’individu avait l’intention de s’engager par vœu de Naziréat, il se trouvera engagé même en disant p. ex.: “que je sois nazir en mentionnant seulement pain”? Si au contraire il n’avait pas l’intention de contracter un engagement (et la “dénomination” est une simple parole qu’il a laissé échapper), même en énonçant le terme nazir (sans intention), il ne devrait pas se trouver engagé de cette façon, pas plus qu’on ne serait engagé lorsqu’en lisant le passage de la Bible relatif à ce sujet, on prononce soit le mot Nazir, soit Nazih (par corruption)? Il faut donc supposer qu’au moment d’énoncer l’une des dénominations douteuses, l’individu a pensé être conditionnellement engagé au Naziréat, si le terme en question comporte bien un tel engagement. Observe bien, lui fut-il dit, que ces termes servent d’engagement, et tu obéiras aux conséquences.

אֱהֵא. שִׁמְעוֹן בַּר בָּא בְשֵׁם רִבִּי יוֹחָנָן. בְּשֶׁרָאָה נְזִירִין עוֹבְרִין. וְאָמַר נָוֶוה מָהוּ. וְזֶה מַלְעִיג עֲלֵיהוֹן. אוֹ אֱהֵא כְּמוֹתָן. רִבִּי יוֹסֵי בֵּירִבִּי בּוּן בְּשֶׁם שְׁמוּאֵל. הַלְּוַאי אֱהֵא כְּמוֹתָן.Quant à l’expression “je veux être” (ou: que je sois...), selon Simon b. Aba au nom de R. Yohanan, comme elle implique l’engagement de Naziréat pour celui qui voit passer des Naziréens devant lui (et elle comporte manifestement cette intention), que signifie son expression: “que je sois beau”? Est-ce une manière de railler ces passants, ou celui qui le dit veut-il leur ressembler? Cela signifie, dit R. Yossé b. Aboun, au nom de Samuel, que cet homme souhaite être comme eux.

אוֹ אֱהֵא נָוֶוה. נָזִיר. מָה אֲנָן קַיָימִין. אִם כְּשֶׁאָמַר נָוֶה. הָדָא הִיא קַדְמִיָיתָא. אִם בְּתָפוּס בִּשְׂעָרוֹ. וְהָתַנִּינָן. הֲרֵינִי כָּזֶה. וּמִדְּרִבִּי יוֹסֵי בֵּרִבִּי חֲנִינָה. אִם בְּתָפוּס בִּשְׂעָרוֹ וְהוּא אָמַר. הֲרֵינִי כָּזֶה. אֶלָּא כִּי נָן קַיָימִין בְּאוֹמֵר. אֵין נָאֶה כַזֶּה.S’il a dit “je veux être beau” (comme eux), il sera Nazir (est-il dit dans la Mishna). De quel cas s’agit-il là? Il ne saurait s’agir de quelqu’un qui a poussé l’exclamation “beau”, car on sait déjà qu’il en est de même qu’au commencement (il sera Nazir)? Et il ne s’agit pas non plus de quelqu’un qui à ce moment se prend les cheveux (afin d’indiquer que, malgré l’absence d’un Nazir passant, l’engagement a lieu), puisqu’aux termes de la Mishna il suffit pour être nazir d’avoir dit: “je veux être comme un tel” (par simple allusion), car il résulte de l’avis de R. Yossé b. Hanina qu’en se prenant les cheveux, cela équivaut à l’expression: “je veux être comme un tel” (sans que les deux conditions aient besoin d’être jointes)? C’est que (tout en supposant la présence d’un nazir passant) l’homme s’est écrié: “rien de beau comme lui” (on nous apprend que cette expression a le sens élogieux, qui implique l'engagement).

Jerusalem Talmud Nazir.1.1 · Le Talmud de Jérusalem, traduit par Moise Schwab, 1878-1890 [fr]

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