Kiddouchin — Talmud Yerushalmi sur Beth HaMidrash : le texte hébreu et sa traduction française, avec Rachi et les grands commentateurs. Gratuit, en ligne.
Kiddouchin — Talmud Yerushalmi sur Beth HaMidrash : le texte hébreu et sa traduction française, avec Rachi et les grands commentateurs. Gratuit, en ligne.
משנה: הָאִשָּׁה נִיקְנֵית בְּשָׁלֹשׁ דְּרָכִים וְקוֹנָה אֶת עַצְמָהּ בִּשְׁתֵּי דְרָכִים. נִקְנֵית בְּכֶסֶף בִּשְׁטָר וּבְבִיאָה. בְּכֶסֶף בֵּית שַׁמַּאי אוֹמְרִים בְּדֵינָר וּבְשָׁוֶה דֵינָר וּבֵית הִלֵּל אוֹמְרִים בִּפְרוּטָה וּבְשָׁוֶה פְרוּטָה. וְכַמָּה הִיא פְרוּטָה אַחַת בִּשְׁמוֹנֶה בְּאִסָּר הָאִיטַלְקִי. וְקוֹנָה אֶת עַצְמָהּ בְּגֵט וּבְמִיתַת הַבַּעַל. הַיְבָמָה נִקְנֵית בְּבִיאָה וְקוֹנָה אֶת עַצְמָהּ בַּחֲלִיצָה וּבְמִיתַת הַיָּבָם.Le mariage est validé par un des trois moyens suivants: par l’argent donné à la femme pour l’épouser, par l’acte de mariage, ou par la cohabitation. La femme redevient libre de 2 façons: par la lettre de divorce, ou par la mort du mari. Pour la veuve qui incombe au beau-frère par lévirat, le mariage est validé par la cohabitation, et elle devient libre par le déchaussement (Dt 25, 9), ou par la mort du beau-frère. Quant à l’argent, selon l’école de Shammaï, ce sera un dinar ou la valeur d’un dinar; selon l’école de Hillel, ce sera une Prouta, ou la valeur d’une prouta, dont le montant vaut 1/8 d’Assarion italien (de la Grande Grèce).
הלכה: הָאִשָּׁה נִיקְנֵית בְּשָׁלֹשׁ דְּרָכִים כול׳. כֵּינִי מַתְנִיתָא. אוֹ בְּכֶסֶף אוֹ בִּשְׁטָר אוֹ בְּבִיאָה. וְתַנֵּי רִבִּי חִיָיה כֵן. לֹא סוֹף דָּבָר בִּשְׁלָשְׁתָּן אֶלָּא אֲפִילוּ בְאֶחָד מֵהֶן.Voici comment il faut entendre la Mishna: ladite acquisition se fera ou avec de l’argent, ou par contrat, ou par la cohabitation. De même, R. Hiya a enseigné: en réalité, les trois conditions énoncées ne sont pas exigibles, et l’une d’elles suffit pour la validité de l’union.
בְּכֶסֶף מְנַיִין. כִּי יִקַּח. מַגִּיד שֶׁנִּקְנֵית בְּכֶסֶף. בְּבִיאָה מְנַיִין. וּבְעָלָהּ. מַגִּיד שֶׁנִּקְנֵית בְּבִיאָה. הָיִיתִי אוֹמֵר. עַל יְדֵי זוֹ וְעַל יְדֵי זוֹ. כֶּסֶף בְּלֹא בִיאָה בִּיאָה בְלֹא כֶסֶף מְנַיִין. רִבִּי אַבָּהוּ בְשֶׁם רִבִּי יוֹחָנָן. כְּתִיב. כִּי יִמָּצֵא אִישׁ שׁוֹכֵב עִם אִשָּׁה בְעוּלַת בַּעַל. הַגַּע עַצְמָךְ. אֲפִילוּ לֹא קְנָיָיהּ אֶלָּא בְבִיאָה אָמְרָה תוֹרָה. הַבָּא אַחֲרָיו בְּחֶנֶק. לֹא סוֹף דָּבָר בִּכְדַרְכָּהּ אֶלָּא אֲפִילוּ שֶׁלֹּא כְדַרְכָּהּ. רִבִּי אַבָּהוּ בְשֶׁם רִבִּי יוֹחָנָן. לֹא צְרִיכָא שֶׁלֹּא מִכְּדַרְכָּהּ. אִין תֵּימַר מִכְּדַרְכָּהּ. לָמָּה לִי בְעָלָהּ. אֲפִילוּ אַחֵר. כַּיי דְתַנִּינָן תַּמָּן. בָּאוּ עָלֶיהָ שְׁנַיִם. הָרִאשׁוֹן בִּסְקִילָה וְהַשֵּׁינִי בְּחֶנֶק.D’où sait-on que l’argent est un des modes d’acquisition? De ce qu’il est dit (Dt 22, 13): Si un homme prend (achète) une femme, ce qui est une allusion à l’acquisition contre argent. D’où le sait-on pour la cohabitation? De ce qu’il est dit (ibid.): et qu’il vienne à elle (l’épouse); ce qui est une allusion à la manière d’acquérir par la cohabitation. Jusque-là on aurait pu croire qu’il faut les deux conditions pour valider l’union; d’où sait-on qu’il suffit au besoin à cet effet d’avoir remis l’argent à la femme, sans avoir aussi cohabité avec elle, ou d’avoir cohabité avec elle sans remise préalable d’argent? Il est dit, répond R. Abahou au nom de R. Yohanan (ibid. 22): Si l’on trouve un homme dormant près d’une femme mariée à un mari; or, on peut supposer le cas où le mari avait seulement acquis sa femme par la cohabitation (seul acte dont le verset parle), et pourtant la Bible dit qu’en cas d’adultère, celui qui le commet sera puni par la pénalité de la strangulation (donc, ce seul acte suffit à valider l’union en ses conséquences légales). Finalement, il en sera ainsi, non seulement lorsqu’un mari aura épousé sa femme (inivit) régulièrement, mais aussi en cas d’irrégularité. C’est seulement pour ce dernier cas, dit R. Abahou au nom de R. Yohanan, que le texte a dû nous enseigner l’efficacité du mariage en ses conséquences légales; car, s’il en est de même en cas de cohabitation régulière, à quoi bon dire que son mari l’a constituée comme épouse? Pourquoi ne serait-ce pas aussi bien un autre (le second survenant)? C’est ainsi qu’il a été enseigné ailleurs: Si une vierge fiancée a subi tour à tour le contact de deux hommes, le premier sera passible de la lapidation, et le second de la strangulation (la pénalité du second est telle, parce que la fille n’était plus vierge; c’est donc que toute copulation quelconques du mari entraîne l’union).
הָא לָמַדְנוּ בִּיאָה בְלֹא כֶסֶף. כֶֶּסֶף בְּלֹא בִיאָה מְנַיִין. וְיָצְאָה חִנָּם אֵין כָּסֶף. אִם אֲחֶרֶת יִקַּח לוֹ. מַה זוֹ בְּכֶסֶף אַף זוֹ בְּכֶסֶף.– Il est donc admis que la cohabitation constitue l’union, même sans remise d’argent; mais d’où sait-on qu’à l’inverse la remise de l’argent constitue aussi l’union, même sans cohabiter? De ce qu’il est dit (Ex 21, 11): Elle sortira gratuitement sans rançon; et auparavant il a été dit (ibid. 10): S’il en prend une autre, etc. Or, comme pour cette “autre” il s’agit d’une acquisition à prix d’argent, de même toute femme pourra être légalement acquise par de l’argent.
בִּשְׁטָר. וְכָתַב לוֹ סֵפֶר כְּרִיתוּת וְנָתַן בְּיָדָהּ וְשִׁילְּחָהּ מִבֵּיתוֹ וְיָצְאָה מִבֵּיתוֹ וְהָלְכָה וְהָיְתָה לְאִישׁ אַחֵר. מַקִּישׁ הֲוַיָיתָהּ לִיצִיאָתָהּ. מַה יְצִיאָתָהּ בִּשְׁטָר אַף הֲוִיָיתָהּ בִּשְׁטָר.Le “contrat” est aussi un mode d’acquisition, parce qu’il est écrit (Dt 24 3): Il (le mari) lui écrira une lettre de divorce, qu’il lui remettra en mains, puis il la renverra de sa maison; elle sortira de sa maison, s’en ira et sera ensuite à un autre homme. Or, on compare sa nouvelle existence (union) à sa sortie: comme la sortie (séparation) s’effectue en vertu d’un acte (de divorce), de même l’union sera célébrée par un acte (ou contrat).
Jerusalem Talmud Kiddushin.1.1 · Le Talmud de Jérusalem, traduit par Moise Schwab, 1878-1890 [fr]
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