Cheviit — Talmud Yerushalmi sur Beth HaMidrash : le texte hébreu et sa traduction française, avec Rachi et les grands commentateurs. Gratuit, en ligne.
Cheviit — Talmud Yerushalmi sur Beth HaMidrash : le texte hébreu et sa traduction française, avec Rachi et les grands commentateurs. Gratuit, en ligne.
משנה: עַד אֵימָתַי חוֹרְשִׁין בִּשְׂדֵה הָאִלָן עֶרֶב שְׁבִיעִית בֵּית שַׁמַּאי אוֹמְרִים כָּל זְמָן שֶׁהוּא יָפֶה לַפֶּרִי. וּבֵֹית הִלֵּל אוֹמְרִים עַד הָעַצֶּרֶת. וּקְרוֹבִים דִּברֵי אֵלּוּ לִהְיוֹת כְּדִבְרֵי אֵלּוּ.Jusqu’à quand peut-on, dans l’année qui précède la 7e, cultiver un champ planté d’arbres? D’après l’école de Shammaï, aussi longtemps que cela profite aux fruits de cette 6e année; d’après l’école de Hillel, jusqu’à Pentecôte (déjà, après cette époque, la culture profiterait à la 7e année). Les avis de ces deux écoles sont à peu près d’accord.
הלכה: עַד אֵימָתַי חוֹרְשִׁין כו׳. כְּתִיב שֵׁשֶׁת יָמִים תַּעֲשֶׂה מַעֲשֶׂיךָ וּבַיּוֹם הַשְּׁבִיעִי תִּשְׁבּוֹת. וּכְתִיב בֶּחָרִישׁ וּבַקָּצִיר תִּשְׁבּוֹת. מַה אֲנָן קַיָימִין אִם לְעִנְיַין שַׁבָּת בְּרֵאשִׁית וַהֲלֹא כְּבָר נֶאֱמַר שֵׁשֶׁת יָמִים תַּעֲבֹד וְעָשִׂיתָ כָּל מְלַאכְתֶּךָ. וְאִם לְעִנְיַין שַׁבְּתוֹת שָׁנִים וַהֲלֹא כְּבָר נֶאֱמַר שֵׁשׁ שָׁנִים תִּזְרַע שָׂדֶךָ וְשֵׁשׁ שָׁנִים תִּזְמוֹר כַּרְמֶךָ. אֶלָּא אִם אֵינוֹ עִנְיָין לְשַׁבָּת בְּרֵאשִׁית וְלֹא לְעִנְיַין שַׁבְּתוֹת שָׁנִים תְּנֵיהוּ עִנְיָין בְּאִיסּוּר שְׁנֵי פְּרָקִים הָרִאשׁוֹנִים. בֶּחָרִישׁ וּבַקָּצִיר תִּשְׁבּוֹת בֶּחָרִישׁ שֶׁקְּצִירוֹ אָסוּר וְאֵי זֶה זֶה. זֶה חָרִישׁ שֶׁל עֶרֶב שְׁבִיעִית שֶׁהוּא נִכְנַס לַשְּׁבִיעִית. וּבַקָּצִיר שֶׁחָרִישׁוֹ אָסוּר וְאֵי זֶה זֶה. זֶה קָצִיר שֶׁל שְׁבִיעִית שֶהוּא יוֹצֵא לְמוֹצָאֵי שְׁבִיעִית.D’une part, il est écrit (Ex 18, 12): pendant six jours tu feras ton travail et le 7e tu te reposeras; et, après ces mots, il est dit, d’autre part (Ex 34, 21): tu cesseras de cultiver et de moissonner. Or, quel est le but de tout ce verset? S’il s’agit du repos de la création (du 7e jour de chaque semaine), il est déjà dit (Ex 20, 9): pendant six jours tu travailleras et tu feras toute ton œuvre, etc; s’il s’agit de l’année shabatique, ou repos agraire, il est dit ailleurs (Lv 25, 3): pendant six année tu ensemenceras ton champ, et tu vendangeras ta vigne. Donc, comme ce verset ne s’applique ni au repos du 7e jour de la semaine, ni à l’année shabatique, il a pour but d’impliquer le repos pendant 2 sections spéciales d’année (fin de la 6e et de la 7e); or, comme il est dit: tu interrompras la culture et la moisson, cela signifie que l’on interdit à la fin de la 6e année la culture qui profiterait à la 7e, époque à laquelle la moisson est interdite; et la moisson est interdite au commencement de la 8e année si l’on a commencé à la fin de la 7e (époque encore interdite).
וְאִם כֵּן לָמָּה נֶאֱמַר חוֹרְשִׁין עַד רֹאשׁ הַשָּׁנָה. רִבִּי קְרוּסְפִּי בְשֵׁם רִבִּי יוֹחָנָן רַבָּן גַּמְלִיאֵל וּבֵית דִּינוֹ הִתִּירוּ בְאִיסּוּר שְׁנֵי פְרָקִים הָרִאשׁוֹנִים. רִבִּי יוֹחָנָן בָּעֵי לֹא כֵן תַּנִּינָן אֵין בֵית דִּין יָכוֹל לְבַטֵּל דִּבְרֵי בֵית דִּין חֲבֵירוֹ עַד שֶׁיְּהֵא גָדוֹל מִמֶּנּוּ בְחָכְמָה וּבְמִינְיָין. רִבִּי קְרוּסְפִּי בְשֵׁם רִבִּי יוֹחָנָן שֶׁאִם בִּקְּשׁוּ לַחֲרוֹשׁ יַחֲרוֹשׁוּ. וְיַעַקְרוּ אוֹתָן מִן הַמִּשְׁנָה. רִבִּי קְרוּסְפִּי בְשֵׁם רִבִּי יוֹחָנָן שֶׁאִם בִּקְּשׁוּ לַחֲזוֹר יַחֲזוֹרוּ.Pourquoi alors dit-on (2, 2) que l’on peut cultiver le sol jusqu’au jour du nouvel an? (Il est donc sous-entendu que c’est permis). En effet, dit R. Krouspi au nom de R. Yohanan, R. Gamliel et son école ont permis les travaux agricoles pendant les 2 périodes d’années (sans se préoccuper des conséquences). Mais, objecta R. Yohanan, n’a t-on pas enseigné qu’un tribunal ne peut pas modifier la sentence d’un autre tribunal, à moins de lui être supérieur par la science et par le nombre? (Comment donc se fait-il que R. Gamliel ait aboli un avis de ses prédécesseurs)? -Non, R. Krouspi dit seulement au nom de R. Yohanan qu’en principe on avait admis l’autorisation pour celui qui désire cultiver la terre à cette période de l’année, qu’il en a la faculté. S’il en est ainsi, pourquoi ne pas supprimer de la Mishna toute cette question desdites périodes (soulevée par R. Gamliel qui est antérieur à Rabbi)? On a voulu dire, indique R. Krouspi, que l’on peut aussi revenir à l’opinion qui déclare ces périodes interdites (à cause de ces alternatives, on a maintenu la question).
הָתִיב רִבִּי יוֹנָה הֲרֵי פָּרְשַׁת מִילּוּאִין הֲרֵי פָּרְשַׁת דּוֹר הַמַּבּוּל הֲרֵי אֵינָן עֲתִידִין לַחֲזוֹר מֵעַתָּה יַעַקְרוּ אוֹתָן מִן הַמִּשְׁנָה. אֶלָּא כְדֵי לְהוֹדִיעָךְ. וְכָא כְדֵי לְהוֹדִיעָךְ. אָמַר רִבִּי מָנָא כַּיי דְתַנִּינָן תַּמָּן שֶׁאִם יֹאמַר אָדָם כָּךְ אֲנִי מְקוּבָּל יֹאמְרוּ לוֹ כְדִבְרֵי רִבִּי אִישׁ פְּלוֹנִי שָׁמַעְתָּ. וְכֵן שֶׁאִם יֹאמַר אָדָם שָׁמַעְתִּי שֶׁאָסוּר לַחֲרוֹשׁ עַד רֹאשׁ הַשָּׁנָה יֹאמַר לוֹ בְּאִיסּוּר שְׁנֵי פְּרָקִים הָרִאשׁוֹנִים שָׁמַעְתָּ.—Mais, objecta R. Yona, comment se fait-il que le chapitre relatif à l’initiation aux fonctions de prêtre (Ex 28, 41), ou celui qui se rapporte au Déluge (Gn 9,1), bien qu’il s’agisse de faits passés, sur lesquels on ne saurait revenir plus tard, ne sont pas supprimés de la Mishna? N’en résulte-t-il pas que l’on se préoccupe avant tout de l’énonciation d’une règle véritable, de même qu’ici on déduit du verset en question l’interdiction précitée de certaines périodes d’années? -Aussi, répond R. Mena, le maintien de ce sujet dans la Mishna a une autre raison, analogue à celle qui a motivé l’enseignement suivant: on exprime même, est-il dit, l’avis non adopté comme règle, pour qu’au cas où quelqu’un exprime une opinion non admise, on puisse lui dire qu’il se conforme à l’avis (non admis) de tel ou tel rabbi, et de même ici, si quelqu’un raconte avoir entendu exprimer l’avis qu’il est interdit de cultiver le sol, pendant la fin de la 6e année, jusqu’au jour du nouvel an, on pourra lui répliquer que cette opinion est admise par ceux qui interdisent le travail agraire, pendant les deux périodes de l’année shabatique.
רִבִּי אָחָא בְשֵׁם רִבִּי יוֹנָתָן בְּשָׁעָה שֶׁאָסְרוּ לַמִּקְרָא סָמְכוּ וּבְשָׁעָה שֶׁהִתִּירוּ לַמִּקְרָא סָמְכוּ. בְּשָׁעָה שֶׁאָסְרוּ לַמִּקְרָא סָמְכוּ בֶּחָרִישׁ וּבַקָּצִיר תִּשְׁבּוֹת בֶּחָרִישׁ שֶׁקְּצִירוֹ אָסוּר וְאֵי זֶה זֶה זֶה חָרִישׁ שֶׁל עֶרֶב שְׁבִיעִית שֶׁהוּא נִכְנַס לַשְּׁבִיעִית. וּבַקָּצִיר שֶׁחָרִישׁוֹ אָסוּר וְאֵי זֶה זֶה זֶה קְצִיר שֶׁל שְׁבִיעִית שֶהוּא יוֹצֵא לְמוֹצָאֵי שְׁבִיעִית. וּבְשָׁעָה שֶׁהִתִּירוּ לַמִּקְרָא סָמְכוּ. שֵׁשֶׁת יָמִים תַּעֲבוֹד וְעָשִׂיתָ כָּל מְלַאכְתֶּךָ מַה עֶרֶב שַׁבָּת בְּרֵאשִׁית אַתְּ מוּתָּר לַעֲשׂוֹת מְלָאכָה עַד שֶׁתִּשְקַע הַחַמָּה אַף עֶרֶב שַׁבְּתוֹת שָׁנִים אַתְּ מוּתָּר לַעֲשׂוֹת מְלָאכָה עַד שֶׁתִּשְקַע הַחַמָּה.R. Aha dit au nom de R. Jonathan: l’interdiction qui a été exprimée a été basée sur un verset, de même que l’autorisation. La défense est basée sur le verset: Tu interrompras la culture et la moisson; c’est-à-dire on entend par culture interdite celle qui a lieu la veille de la 7e année (fin de la 6e), dont les résultats seraient appréciables à l’époque interdite de la 7e (ou au commencement de la 8e année). Enfin, l’autorisation de travailler aux champs en cette période de temps (selon le préopinant) est aussi basée sur un verset biblique, le suivant: Pendant six jours tu travailleras et accompliras tous les travaux (Ex 20, 9) c’est-à-dire de même que la veille du 7e jour de la semaine, ou le vendredi soir, on peut travailler jusqu’au coucher du soleil, de même on peut travailler aux champs jusqu’à la fin complète de la 6e année agraire.
Jerusalem Talmud Sheviit.1.1 · Le Talmud de Jérusalem, traduit par Moise Schwab, 1878-1890 [fr]
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